Les carnets (weblog) de l'auteur
 



TROIS ENIGMES




Cap Canailles


Une nouvelle inédite (écrite en 2000), à paraître dans un prochain recueil.


Impossible de dire à partir de quoi j'ai retrouvé tout ça, mais je crois bien que c'est à cause de la Giulietta. Au grenier, parmi mes petites affaires, se trouvaient aussi bien l'Alfa jaune citron en Norev que la Chrysler New-Yorker en Dinky Toys. Maman avait rangé, bien sûr, et fait son tri : plus de pistolet, plus d'amorces, et la panoplie de Zorro avec les étuis noirs laqués comme des plumiers s'était fait la malle, c'est le cas de le dire. Mais l'Alfa ! l'Alfa Romeo Giulietta Sprint ! Juliette des esprits ! Bon sang, c'était la voiture de l'oncle Hébert.

La sienne était d'une couleur brique foncée, qui se mariait bien avec le cuir gris des sièges. Drôle de type. Il y a très longtemps, bien avant que je ne devienne subrécargue, il m'inquiétait ; capable de nous menacer des pires châtiments, d'un avenir noir comme la Canebière, et je n'ai jamais su s'il plaisantait ou si c'était « pour de vrai ». Il nous installait, Deau et moi, à l'arrière de la Giulietta, et si on avait fait la moindre bêtise ou s 'il soupçonnait l'un de nous d'avoir encore cassé les gouttières du voisin, il fronçait les sourcils d'un air terrible et me disait :

- Petit malheureux ! tu finiras à Aubagne !

Enfin moi je croyais que c'était ça qu'il disait. Plus tard, Deau m' expliqua. Deau, c'était mon copain. Aussi terrible que moi, mais lui, au moins, il savait tout.

- Tonton, tu nous emmènes au Cap Canaille ?

- Ah oui ! maugréait-il. Ca vous va bien !

L'Alfa rasait les touffes de cytise dans les virages et fonçait tellement vite qu'on était au bord de la mer dans la demie-heure qui suivait. On partait de Marseille, et zou ! on regardait la mer en se laissant couler le sable entre les doigts de pied. L'oncle Hébert ouvrait la portière et baissait le dossier du siège avant pour nous laisser descendre. On n'avait pas le droit d'effleurer le cuir de l'Alfa du bout de nos sandalettes.

- Faites attention ! fan de chichourle ! J' vous abandonnerai aux îles Sanguinaires !

Sincèrement, je n'y comprenais rien. A cause de Papa, qui tenait un petit commerce de primeurs, je croyais que c'était un endroit où on produit les oranges sanguines, un peu comme l'Algérie ou l'Espagne ou le Maroc. De toutes manières, on n'était pas très doués en vocabulaire, à l'école. La maîtresse disait qu'on était tombés dans le golfe du Lexique. Seulement voilà, nous, on s'y était noyés.

L'oncle affirmait que son frère (mon papa) aurait dû nous offrir un Larousse. Ah ça, j'aurais été bien content. Vraiment content. Jusqu'au jour où Deau m'expliqua que c'était un dictionnaire, pas une gentille petite fille rousse mise à ma disposition pour faire mes devoirs et me porter mon cartable. Il raconta même que dans ce genre d'ustensile, on trouvait tous les mots : en quelques jours, je compris que la mère Méditerranée était en fait LA mer, notre mère à tous bien sûr, mais d'abord une mer, et qu'il fallait dire « connu comme le loup blanc » et non pas « connu comme le houblon », que j'avais préféré depuis qu'on m'avait fait visiter une brasserie.

A cause de tous ces mots qui changeaient de sens tout le temps, il y eut un jour une confusion extraordinaire. Vers midi, à la sortie de l'école, où maman était venue me chercher avec la Fiat 500 bleue nuit marquée « nuova » sur le côté droit du petit capot arrière rondouillard, je repérai un garçon que je n'avais jamais vu. Un « nouveau ». J'avais besoin qu'on me remarque. Par la vitre baissée, afin que tout le monde entende, je dis à Maman, très fort :

- Dis donc, demain, on prendra la Giulietta !

Le petit garçon, le nouveau, me contempla d'un air effaré. Le lendemain, à la même heure, alors que lui devait rester à la cantine et que moi je montais dans la petite Fiat, il m'aborda et me dit d'un air sévère :

- Tu sais, tu ne peux pas prendre la Giulietta. Elle est trop bien gardée !

- De quoi ?! de quoi ?! je prendrai la Giulietta quand je voudrai !

Pour le coup, ce n'était plus un air effaré qu'il arborait. C'était comme si la Sainte-Vierge était apparue juste devant Notre-Dame de la Garde en fronçant les sourcils. Il prit un air terrorisé. Je compris qu'il ne devait pas rester à la cantine, puisqu'il était hors de l'enceinte du collège. Je lui demandai où il allait. Il allait comme nous, au Prado, impasse du Cèdre. Bizarre. Il habitait la maison d'à côté. Il s'appelait Andrea. Il fallait donc que nous devenions amis.

Le vendredi d'après, ce fut l'oncle Hébert qui vint nous chercher. La sublime Alfa Romeo ne surprit pas tellement mon nouveau copain. J'étais plutôt vexé. Andrea, lui, avait l'air préoccupé. Il me chuchota à l'oreille :

- Le mieux, c'est d'y aller ce soir.

Mais aller où ? Où voulait-il aller ? Le soir-même, il était caché sous les lauriers, avec un air de conspirateur.

- On va bien voir, chuchota-t-il. Surtout, tu dis rien !

Je me demandais bien ce que j'aurais pu dire. Sortis de la maison en catimini, nous descendîmes la rue en pente et bientôt, tâtant la moleskine de l'autobus, nous étions en route pour Marseille. J'avais ramassé une pomme de pin énorme. La triturer me donnait du courage. Le Vieux Port était sous la neige. Nous avions froid. Le col du paletot relevé, nous longions toutes ces tavernes interdites, bars où les lamaneurs se saoulent, hôtels où les femmes sont couvertes de bijoux qui brillent, troquets où les jetons claquent et les dés roulent. Nous glissions sur les pavés luisants.

- Viens par là, me dit Andrea. Tu vas l'apercevoir. Mais tu sais, j'en suis sûr : on ne peut pas l'enlever !

Mais de quoi parlait-il, bon sang ? Il voulait voler une statue ? Nous approchions d'un bar encore plus louche que les autres. Entre une plaque d'émail pour Byrrh et une grande affiche à la gloire d'une anisette, nous pouvions regarder à l'intérieur du bistrot. La pellicule de glace fondait sous notre souffle. La buée la remplaçait. A l'intérieur, il y avait tout ce que veulent les hommes : lumières, liqueurs, femmes et alcool d' amour. Une petite brune en robe couleur lavande dansait près d'une lampe rouge et tous les gars la contemplaient.

- Giulietta, murmura mon ami.

Visiblement, pour lui, ce mot avait un autre sens.

- Alors, reprit-il, tu entres, ou t'as les foies ?

Inconscient, grisé, grelottant, j'entrai avec Andrea sur mes talons. Au lieu de nous jeter dehors, les marins applaudirent.

- Des hommes ! cria un gros gaillard au bonnet vert.

- Des dockers ! Par ici, camarades ! gueula un autre.

On nous fit boire. On nous enseigna des gros mots. Des hommes se battirent. La jolie Giulietta qu'Andrea savait inaccessible était partie depuis longtemps. Lui aimait une femme en robe bleue et moi une voiture en robe rouge. Mais lorsque nos parents vinrent nous chercher au commissariat, le lendemain vers huit heures du mat', quand bramaient les cornes de brume, ce fut pour ce même nom : Giulietta.



**********



Amis dans la nuit


Cette nouvelle a été publiée seule aux éditions Porteur de Torche en 1998, en dix-sept exemplaires, avec des dessins et peintures de l'auteur.


Le mas dormait. La lune était fichée sur la pointe d'un cyprès et dessinait une mandorle autour d'un chat-huant qui veillait, l'œil mi-clos. La cloche de l'église de Lunel sonna quatre heures au moment précis où le galop d'un cheval résonnait dans la cour du mas de Fourques.
Deux hommes montaient cette jument blanche. L'un, droit et fier, portait un chapeau de gardian dissimulant ses traits. L'autre, courbé, fourbu, avait sur la tête un foulard et à l'oreille un anneau d'or qui lui donnaient l'air flibustier. Proches l'un de l'autre, mais prudement séparés, l'un sur la selle et l'autre à cru, ils ressemblaient aux Templiers tels que gravés sur un sceau de l'Ordre.
Le premier descendit de cheval et aida le second ; celui-ci bien qu'épuisé prit garde de ne pas s'appuyer lourdement sur l'épaule qui s'offrait mais montra qu'il ne négligeait en aucune façon ce geste de soutien et murmura en patois :

- Merci, Monsieur le baron.

Ce dernier maintint de l'index les étriers qui oscillaient, comme si quelque magie eût pu les faire tinter. Il se dirigea vers la grande porte du mas et frappa très doucement, sans utiliser le heurtoir.
Tel un chat éveillé en sursaut, Jean Hugo rejeta les draps, bondit, descendit l'escalier et ouvrit grand la porte : il avait reconnu le toucher de son ami, ses quatre chiquenaudes légères. Folco de Baroncelli enleva son chapeau et, brièvement, étreignit l'homme qui le dépassait d'une tête. Jean Hugo huma sur le gilet du baron un parfum de marécages et de manades. C'était une gerbe de roseaux frais coupés qui venait d'entrer dans la pièce.
Ces hommes venaient d'un pays lointain pourtant très proche. D'énormes taureaux à la robe noire ou bistre, aux naseaux fumants, y buvaient dans les étangs de longues lampées d'eau verte. Des chevaux fous y galopaient la nuit comme des fantômes. On les prenait pour des centaures. Ils enlevaient les femmes des vignerons, les bergères et fileuses de laine : on retrouvait des robes à carreaux bleus et blancs accrochées dans les buissons.
L'autre homme était-il du même pays ? Le baron le désigna du menton et dit à Jean Hugo en provençal :

- Ce gaillard-là a besoin de secours.

Il n'en fallait pas plus. Jean Hugo ferma la porte de son atelier, afin que nul ne vît ses dernières toiles, et les mena à la cuisine. Sur la table trônait un bocal - un seps dans de l'alcool y surnageait - et une miche de pain. Le peintre saisit un grand couteau et coupa de larges tranches de pain. Puis il s'approcha de la cuisinière et tel un chiffonnier crochetant un bout de ferraille attira les rondelles de fonte et vérifia si les braises étaient rouges. Rassuré, il versa de l'eau dans une marmite. Les domestiques n'étaient pas là. Ils viendraient à six heures, avec la charrette d'un voisin.
Le baron s'assit et montra une chaise à son compagnon. Celui-ci, témoignant de rares précautions, lissa sous lui la paille avant de s'asseoir, avec ce geste de respect que les gitans ont pour un beau cannage. De son œil de félin Jean Hugo l'avait vu, et il dit au baron :

- Ce monsieur a-t-il tué quelqu'un ?

- C'est possible, dit froidement Folco de Baroncelli. Je l'ai trouvé sur mes terres, sa veste était sanglante et son couteau venait d'être essuyé dans les herbes. Mais il a embrassé mes genoux et imploré Sainte-Sara-la-Noire. Je dois le secourir.

Le gitan baissa les paupières, afin de contresigner ce bref état des lieux. Jean Hugo approuvait la piété du baron, mais redoutait quand même les foudres de la loi. De plus, installé depuis peu sur les terres de Fourques, il ne souhaitait pas attirer l'attention des gendarmes. Bien entendu, sa générosité lui interdisait d'indiquer au gitan les chemins poudreux qui menaient aux étangs. En même temps, son horreur du crime de sang le poussait à interroger son ami.
Le baron, les pouces tranquillement insérés dans les passants de ceinture de son pantalon de taupe, attendait le flot de questions qui ne manquerait pas de jaillir. Mais Jean Hugo, lèvres serrées, mit un point d'honneur à ne pas les poser et déclara que son ami avait à coup sûr de bonnes raisons de cacher ce malandrin, et donc que lui-même lui porterait secours, dût-on le loger dans la buanderie, au nez et à la barbe des servantes. Comprenant que par respect et confiance le maître des lieux ne lui demanderait rien, le gentilhomme mit à son tour un point d'honneur à fournir les précisions qui s'imposaient.
L'homme, nommé Mateo, était un voleur honnête, qui jamais n'aurait touché à un cheval, mais détroussait les étrangers. Marié à une sage couturière, as du dé, reine des aiguilles (dont il fallait s'assurer les faveurs car elle vous reprisait un costume comme personne), ce forban qui venait de Vauvert, là où gîte le diable du même nom, s'était battu contre un sien cousin dont il avait lutiné la fille. Tirant qui son laguiole, qui sa navaja, ils avaient décidé de s'entretuer séance tenante. L'autre, laissé pour mort entre Saint-Gilles et Gallician, agonisait au bord de l'étang de Scamandre. Echappant aux gardians qui veillaient sur les manades, il s'était trouvé sur les terres de Monsieur de Baroncelli et avait aperçu sa silhouette se détacher derrière les persiennes ; il avait alors chanté "O Magali, ma tant'amada", sachant bien que le baron, prêtant l'oreille, jetterait ensuite un coup d'œil ; celui-ci étant descendu, vêtu de sa robe de chambre jaune parée d'abeilles noires, Mateo avait embrassé ses genoux. Et cette antique supplication ne pouvait être malvenue, à moins que l'on ne s'adressât à un cœur de pierre, mécréant ou ladre, ou pire - à un homme quelconque.

Jean Hugo entendit ce bref récit. Il confirma qu'il hébergerait Mateo. Le baron lui serra les deux mains et lui donna l'accolade.

- Je suis rassuré. Je vais vous laisser reposer, tous tant que vous êtes, dit-il de sa voix chantante.

L'eau bouillait depuis longtemps et c'était presque l'heure du premier café. Un homme jeune, ébouriffé, vêtu d'une somptueuse robe de chambre, entra à ce moment dans la cuisine. Il dit simplement :

- Messieurs, bonjour. Je vais vous faire du thé.

Jean Hugo fit les présentations :

- Mon cher Folco, je te présente le Poète. Mon cher Jean, laisse-moi te présenter le baron Folco de Baroncelli. Et voici son protégé, Mateo.

Jean Cocteau serra la main du baron et, de la même façon, celle du gitan. Celui-ci s'inclina, impressionné.

- Je crains, Monsieur, que notre impromptu en pleine nuit ne vous ait réveillé, dit le baron.

- Mais non, je vous en prie, dit Jean Cocteau. Je corrigeais les épreuves du Cap, dans mon lit. Vous ne m'avez pas réveillé. Prendrez-vous du thé assez fort ?

Le baron accepta. Finalement, au lieu de café, tout le monde voulut boire du thé. Jean Hugo expliqua le motif de la visite du baron. Il fallait sauver un homme, bien qu'il eût sans doute commis un crime grave.

- Qui sommes-nous pour juger ? dit Jean Cocteau. Nos actes sont des nuages. Dieu souffle dessus s'Il veut.

Le baron hocha la tête. Tout bien pesé, Jean Hugo hocha la tête aussi. Jean Cocteau reprit :

- Ton épouse et moi sommes convenus de nous rendre à Montpellier aujourd'hui au Jardin des Plantes. Elle tient à me montrer ce qu'est un arbre à perruques et à le dessiner. Nous pourrons conduire Monsieur à la gare, et je lui donnerai une adresse à Paris, car s'il reste ici il sera pris dans les huit jours.

Les quatre hommes tombèrent d'accord. Jean Cocteau écrivit l'adresse d'un peintre, rue Daguerre, car celui-ci voulait dénicher un gitan afin de s'en servir comme modèle. Accompagné de Valentine Hugo, il conduisit Mateo à la gare. La jeune femme tendit sa main à baiser au gitan. Jean Cocteau lui donna de l'argent, ainsi que le bout de papier.

- Pardon, Monsieur le Poète, bredouilla Mateo, je ne sais pas lire.

Jean Cocteau lui lut les mots qu'il avait écrits, et les lui fit répéter. Mateo s'en fut donc, murmurant : " Pablo Picasso, 6 rue Daguerre, Paris Quatorzième... Pablo Picasso, 6 rue Daguerre, Paris Quatorzième..."
Il monta dans le premier train.

Ce jour-là, Jean Hugo alla secourir le pauvre hère qui était blessé près de l'étang de Scamandre ; Valentine dessina un arbre nommé cotinus ; Folco de Baroncelli décida que dorénavant il prendrait du thé le matin, et un criminel fut sauvé. Nos actes sont des nuages, ou des ombres de nuages. Dieu souffle dessus s'Il veut.



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La petite Etoile



Cette nouvelle est inédite et a été écrite les 4 et 30 octobre 2002


Toute vilaine et petit chiffon, telle était la petite Etoile. Elle venait d' avoir quarante-six ans et toujours semblait une enfant, minois jaune, cheveu brun bouclé, l'œil vif écarquillé d'un écureuil au sortir de l'hiver.

J'avais dit à mon frère :

- Tu auras un peu peur. Elle est si malade. On dirait la momie de Rascar Capac dans Le Temple du soleil.

Il lui avait rendu visite à la clinique et lui avait tenu la main. Elle était si contente de le voir avant de mourir qu'elle m'en avait parlé des jours et des jours avant :

- Samedi, je verrai Geoffroi.

Et bien sûr il était venu, et elle avait pu lui parler avant de partir de l' autre côté. On a beau penser que la vie est éternelle, ce passage-là donne quelques frissons. Geoffroi était là pour nous réchauffer.

J'étais quelque peu relégué aux servitudes de l'intendance. La petite Etoile m'avait dit :

- Mon époux, va acheter de la crème pour mon visage. Et du gel lavant sans savon, surtout sans savon, et bien sûr sans alcool.

J'avais trouvé tout ça. Quand j'entrais à la clinique, le sac marron était tout rempli de potions et de linge. La petite Etoile qui était ma femme est morte le 21 octobre 2002.

Quelques mois plus tard, mon ami Daniel m'a demandé :

- Pourquoi veux-tu insérer l'histoire de la petite Etoile dans ton recueil de nouvelles sur l'amitié ?

- Parce que j'étais aussi en amitié avec elle.

- Bon, a-t-il concédé. En effet. Aimer n'empêche pas l'amitié, loin de là.

Je pris une longue inspiration et ajoutai :

- Et aussi parce que, quand je serai morte, m'avait-elle expliqué, je lirai ton livre par-dessus ton épaule. Je serai là, et je lirai.

Daniel dit alors :

- Les livres s'appellent sans doute ainsi parce qu'on y livre de soi.





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